PRINTEMPS 2011 à l'ESPACE EUROPEEN POUR LA SCULPTURE (EES asbl)

SAYNETTES CAMPAGNARDES

Il était une fois… Non . Il est toujours un homme des arbres et des prairies, à la rencontre de l’humain et de l’animal. Des fois, les nuages le mettent en rêve. Il regarde les paysages de haut, pas de très haut afin de voir les détails jusqu’aux mouvements de respiration de tout ce qui est vivant : humain, animal et végétal . Qu’est-ce que l’homme - plus souvent la femme - , la bête - en général la vache - et le paysage - bois, prairies, vergers - peuvent bien se raconter. Roland lève le voile dans ses ateliers installés dans un château dont quelques murs sont en pierre mosane. Son langage est surtout en plâtre, un alphabet qui se travaille facilement et qui est mobile, plus que le bois et le bronze auquel quelques chapitres sont également consacrés. A vrai dire, ce ne sont pas des chapitres mais des sculptures, grandes ou petites, qui sont des saynettes .
Il arrive que Roland s’occupe de ses pommes, des milliers, des millions . C’est le fruit qui a causé le péché d’Adam dans le paradis terrestre . C’est Pâris qui donna la pomme à Vénus afin qu’elle l’emporte en beauté sur les autres femmes. Ces femmes sont dans les sculptures de Roland. Où est ce Roland qui se cache derrière elles, en vétérinaire qui soigne les animaux? Peut-être est-ce un autoportrait .
Même là , des malheurs arrivent, comme la vache morte foudroyée . On a envie de crier sur la sculpture funéraire comme l’aigle sur un rocher, comme “ Zieke - Mieke” ou “ Mal au Dos” ou “Faire la Vache” Toutes les sculptures en plâtre ont un “Mars” dans le ventre. C’est une récompense pour le môme qui a bien travaillé. Qui sait, mais il y a de quoi en douter, car l’intention de l’artiste est ailleurs. “Mars” continue à faire le tour du monde. Quelle promotion! Il en faudrait de même pour l’art . En plus, les créateurs de “Mars” sont devenus très riches grâce à leur “oeuvre " La relation entre l’homme et l’animal est émouvante. Les sculptures de Roland ont aussi la vocation de créer un dialogue entre le monde paysan et la trépidance urbaine. Son intention est simplement utopique avec des connotations naïves dans des méandres académiques . L’enfant et l’intellectuel se rencontrent en particulier dans des images peintes sur les sculptures. Un délice à partager dans l’intimité de l’amour et de l’art.

Jean-Pierre Van Tieghem,
18 avril 2011